Le « deuxième cerveau », c’est quoi au juste ?

Dans notre tube digestif, se trouve ce que l'on appelle notre « deuxième cerveau ».
Et ce « cerveau dans notre intestin » est en train de changer notre compréhension des liens entre digestion, moral, prise de poids, santé, et même la façon dont nous pensons.
Le « deuxième cerveau », c’est le surnom donné au système nerveux entérique, qui contrôle de manière autonome certaines fonctions corporelles vitales (source : Inserm).
Le système nerveux entérique comprend 2 couches minces de plus de 100 millions de cellules nerveuses, qui tapissent le tube digestif de l’œsophage au rectum.
Les rôles du système nerveux entérique sont, par exemple :
· contrôler la digestion, notamment la déglutition et la libération des enzymes qui aident à digérer les aliments.
· contrôler le flux sanguin, ce qui facilite l'absorption des nutriments et l'élimination.
· commander le péristaltisme, c’est-à-dire les contractions qui, en se propageant le long du tube digestif, permettent d’assurer le transit intestinal.
· contrôler la barrière intestinale, ce qui permet le passage de nutriments à travers l’intestin et empêche le passage des agents pathogènes ou toxiques.
Bien que le système nerveux entérique interagisse avec les autres parties du système nerveux autonome (système nerveux sympathique et parasympathique), il fonctionne de façon indépendante des autres centres nerveux.
Cela veut dire par exemple que si l’on a du stress, le système nerveux entérique va réagir au moins en partie de manière indépendante par rapport au reste de notre système nerveux.
À la suite d’un stress, on pourra donc avoir des symptômes digestifs, sans avoir forcément d’autres symptômes.
Comment nos « deux cerveaux » communiquent-ils ?
Le système nerveux entérique communique avec notre cerveau (cérébral).
Des études ont ainsi montré que lorsque le tube digestif est irrité, il envoie des signaux au système nerveux central, ce qui peut affecter notre moral et notre humeur. C’est ce qui peut se passer en cas de syndrome d’intestin irritable, par exemple.
La communication au sein de notre « deuxième cerveau » est permise par une vingtaine de neurotransmetteurs, comme la sérotonine ou le glutamate.
Ces neurotransmetteurs sont produits par le système nerveux entérique, donc dans notre tube digestif ; en particulier, 95 % environ de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions, y est produite.
Quel est le rôle du microbiote intestinal ?
Le microbiote est l'ensemble des micro-organismes - bactéries, virus, parasites, champignons non pathogènes, dits commensaux - qui vivent dans un environnement spécifique.
Des recherches récentes ont suggéré que le microbiote intestinal prend part à la communication entre l’intestin et le cerveau et jouerait ainsi un rôle sur le fonctionnement cérébral.
Il est donc primordial que le microbiote intestinal, aussi appelé flore intestinale, soit équilibré.
Des études ont montré qu’un bon équilibre du microbiote intestinal peut entraîner des améliorations dans les cas suivants :
· Fonction immunitaire (environ 80% de notre système immunitaire est situé dans notre intestin)
· Fonction cérébrale
· Symptômes de colère, de tristesse et de dépression
· Niveaux de toxines dans le corps
· Syndrome de l'intestin irritable
· Allergies
· Intolérances alimentaires
· Obésité
Parmi les nombreux facteurs qui influencent la composition du microbiote intestinal, les plus importants
sont le « régime alimentaire » et l'état nutritionnel.
En conclusion, pour une bonne santé digestive, il est donc primordial de s’alimenter correctement, et de réduire les sources de stress (tous types de stress).